Mise à jour le 18 févr. 2020
Doté d’un conseil comportant la représentation des enseignants, du personnel technique et administratif, de personnalités extérieures [1], l’Institut est dirigé par... un directeur et présidé par une personnalité extérieure choisie en son sein.

Les moyens financiers proviennent pour l’essentiel d’une subvention allouée par le ministère du Travail ; ceux en personnels et locaux, du ministère de l’Éducation nationale et de l’Université [2]. Par sa faible dotation en personnels permanents, 2,5 emplois, il fonctionne comme une structure de conception, d’animation et de coordination, polarisant des collaborations internes à l’Université (enseignants et chercheurs) ou externes à celle-ci (avocats, syndicalistes, experts-comptables...).

Son activité, pour son contenu, fut d’abord centré sur le droit, autour de P. Rongère, B. Dorel, Mtre P. Bouchet, A. Roudil. Elle fut, avec l’aide du professeur H. Jacot étendue à l’économie, agregéant d’autres économistes : P. Rousset, D. Requier-Desjardins, Ch. Mercier... Ainsi, dans le temps, un potentiel se constitue dans ces domaines, sans exclure l’appel à d’autres disciplines selon les programmes des sessions.

Les sessions comme les programmes sont élaborées conjointement avec les responsables à l’éducation de chaque organisation syndicale. Chaque session est co-dirigée par un universitaire et un syndicaliste, manière de souligner l’originalité de l’éducation mise en oeuvre, et d’éviter la confusion des rôles.

De 1963 à 1998, environ 8 000 stagiaires ont suivi les activités de l’Institut. Avec le temps, ce flux de population "transporte" dans l’éducation syndicale les évolutions de la société : pour le "temps de travail", la session durant du lundi au samedi soir s’est réduite au samedi matin, puis au vendredi soir ; la journée ne commence plus à 8 h et ne finit plus à 18h30 ou 19 h. "L’internat" (hébergement), trop contraignant a cédé le pas à "l’externat", favorisant sans doute une plus grande participation des femmes aux sessions. Les conditions matérielles des sessions se sont améliorées avec le versement d’une bourse compensant la perte de salaire nette [3]. Cependant, l’éducation subit l’évolution des situations : la complexification des questions - juridiques notamment, mais aussi économiques - rend insuffisante la durée de 12 voire 18 jours du congé syndical de formation. Dans le passé, le contrat de travail [4] pouvait s’étudier en une semaine, plus aujourd’hui.

Actuellement, dans le grand bruit qui se fait autour de la nécessaire ouverture de l’Université sur la société et l’entreprise, peut-être n’est il pas inutile de rappeler qu’en dépit de ses crises le syndicalisme demeure une composante majeure d’une société démocratique et que la mission de diffusion de la culture qu’assure l’Université le concerne aussi. L’idée d’une implication de l’Université dans la formation des militants s’esquissait en 1907 dans la fondation à Oxford du "Ruskin Collège". Souhaitons que l’Université Lumière, à l’aube d’un nouveau millénaire, ne l’éteigne pas.
Notes
[1] CGT, CFDT, CGT - FO, Direction Régionale du Travail.

[2] Qui attribue une subvention à l’IFS de 60.000,00 f en 1992 (Ministère du Travail environ 335.000,00 F en 1992).En 2000, la subvention de l’Université, déjà ramenée à 50 000F, ne figure plus à son budget.

[3] Le 18 mars 1964, le Conseil de la Faculté de Droit attribuait 20 F par jour au titre des frais de séjour, et 200 F par semaine pour indemniser la perte de salaire (SMIG horaire : 1,9 F en zone O en 1964)

[4] Formation, exécution, suspension, rupture