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Historique

 

DU CENTRE D’EDUCATION OUVRIERE A L’INSTITUT DE FORMATION SYNDICALE

En 1982, dans les "Etudes dédiées à Madeleine GRAWITZ" [1] , trois syndicalistes qui furent parties prenantes dans l’histoire du Centre d’Education Ouvrière écrivent :

 "Il y a vingt ans, à peine, c’était une aventure risquée pour un professeur que de tenter d’introduire dans le cercle, ô combien clos, de la Faculté de Droit de Lyon, des syndicalistes ouvriers et mieux d’institutionnaliser cette volonté en créant un Centre d’Education Ouvrière. Vous avez eu ce courage, avec quelques rares collègues" (Maurice Piolet, CGT - FO [2]).

 "Nous avons avec Madeleine Grawitz sinon un point de départ commun, au moins un point de rencontre commun. Je veux parler de l’éducation ouvrière qui dans la région lyonnaise associait les efforts d’intellectuels et de militants des syndicats. C’est comme cela qu’un dialogue constructif devait naître entre un militant CGT et un professeur". (Lucien Marest, CGT [3]).

 "Quoi de plus naturel, de plus évident que la forme de l’outil soit déterminée avant tout par son utilisation" (Etienne Philibert, CFDT [4]).

Ouvrir l’Université à l’éducation syndicale, surtout dans une période de guerre froide et de stratégies politiques tranchantes, constituait un projet singulier. Il se forma au milieu des années cinquante autour du professeur Marcel David, historien. Marcel David entendait rompre l’isolement respectif du monde universitaire et du monde du travail et, par l’échange du savoir tiré de l’expérience syndicale avec le savoir produit par l’enseignement et la recherche, créer une évolution qui dans l’ordre éthique et social valait reconnaissance du rôle joué par le mouvement syndical dans la société. Il s’agissait, au travers de la formation des militants, d’assurer la promotion collective du "monde du travail"

Marcel David crée le premier institut à Strasbourg en 1956. En 1957, la loi du 23 juillet instaure le congé d’éducation ouvrière et, en 1959, la loi du 28 décembre permet à des Instituts d’université ou de faculté de développer une activité dans ce domaine, parallèlement aux centres spécialisés des organisations syndicales.

C’est en 1963, après la création de l’Institut de Grenoble autour de Henri Bartoli et Gérard Destannes de Bernis, économistes, puis celui d’Aix en Provence avec François Sellier (sociologue) et Maurice Parodi (économiste), que naît le centre d’Education Ouvrière de Lyon. Madeleine Grawitz, professeur de Science Politique, en sera l’architecte au sein de la Faculté de droit, appuyée à l’extérieur de celle-ci sur de multiples collaborations syndicales et professionnelles, celles d’avocats en particulier, avec entre autres Mtre Paul Bouchet. Après Lyon, d’autres Instituts seront créés : en 1969 celui de Nancy, avec le professeur P. Collot, historien du droit, celui de Bordeaux avec J. Ghestin, professeur de droit (civil), en 1982, celui de St Etienne avec Françoise Vennin, maître de conférences en droit, celui de Rennes avec J. M. Lucas, littéraire.

A l’origine, le Centre d’Education Ouvrière constitue un département de l’Institut d’Etudes du Travail et de la Sécurité Sociale (IETSS) fondé par le professeur Brun au sein de la faculté de droit. C’est un accord conclu entre le directeur de l’IETSS et les représentants locaux de la CGT, la CGT - FO et la CFTC (à l’époque) qui crée le Centre d’Education Ouvrière. La CEO, agréé par le Ministère du Travail au titre du congé d’éducation ouvrière, recevra de celui-ci une subvention pour assurer son activité. Madeleine Grawitz en sera la première directrice, épaulée par Pierrette Rongère, Marie Claude Plantin, Josée Jeanneret, Bernard Dorel. Consécutive aux "évênements" de 1968, la réforme de l’enseignement supérieur institue des universités pluridisciplinaires. Le CEO, avec l’IETSS et la faculté de droit font partie de l’Université Lyon II. La partition ultérieure de cette Université, qui donne naissance à l’Université Lyon III, entraîne celle du CEO et de l’IETSS, le premier restant à Lyon II et le second à Lyon III [5]. Dirigé depuis 1969 par Pierrette Rongère, professeur de Science Politique, le CEO aura d’abord le statut juridique de service commun à l’intérieur de l’Université.

Par la suite, avec la loi de 1984 réformant l’Enseignement supérieur, il deviendra un Institut au sens de l’article 33 de cette loi [6]. A cette occasion, il change d’appellation : après avoir été brièvement dénommé Institut d’Education Ouvrière, il opte pour l’appellation d’Institut du Travail et de Formation Syndicale (ITFS). Cependant, avec le retour de l’IETSS à l’Université LUMIERE - LYON 2, pour éviter les confusions, l’un et l’autre vont changer leur dénomination en 1993. L’ITFS devient l’Institut de Formation Syndicale (IFS) et l’IETSS, l’Institut des Etudes du Travail de Lyon (IETL), consacrant de la sorte leurs missions distinctes mais pouvant s’avérer complémentaires. D’autant que Florence Debord succedant à Pierette Rongère en 1997, assure des enseignements à l’Institut d’Etudes du Travail de Lyon.

ACTIVITE DE L’INSTITUT

La gestion

Doté d’un conseil comportant la représentation des enseignants, du personnel technique et administratif, de personnalités extérieures [7], l’Institut est dirigé par... un directeur et présidé par une personnalité extérieure choisie en son sein.

Les moyens financiers proviennent pour l’essentiel d’une subvention allouée par le Ministère du Travail ; ceux en personnels et locaux, du Ministère de l’Education Nationale et de l’Université [8]. Par sa faible dotation en personnels permanents, 2,5 emplois, il fonctionne comme une structure de conception, d’animation et de coordination, polarisant des collaborations internes à l’Université (enseignants et chercheurs) ou externes à celle-ci (avocats, syndicalistes, experts-comptables...)

Son activité, pour son contenu, fut d’abord centré sur le droit, autour de P. Rongère, B. Dorel, Mtre P. Bouchet, A. Roudil. Elle fut, avec l’aide du professeur H. Jacot étendue à l’économie, agregéant d’autres économistes : P. Rousset, D. Requier-Desjardins, Ch. Mercier... Ainsi, dans le temps, un potentiel se constitue dans ces domaines, sans exclure l’appel à d’autres disciplines selon les programmes des sessions.

Les sessions comme les programmes sont élaborées conjointement avec les responsables à l’éducation de chaque organisation syndicale. Chaque session est co-dirigée par un universitaire et un syndicaliste, manière de souligner l’originalité de l’éducation mise en oeuvre, et d’éviter la confusion des rôles.

De 1963 à 1998, environ 8 000 stagiaires ont suivi les activités de l’Institut. Avec le temps, ce flux de population "transporte" dans l’éducation syndicale les évolutions de la société : pour le "temps de travail", la session durant du lundi au samedi soir s’est réduite au samedi matin, puis au vendredi soir ; la journée ne commence plus à 8 h et ne finit plus à 18h30 ou 19 h. "L’internat" (hébergement), trop contraignant a cédé le pas à "l’externat", favorisant sans doute une plus grande participation des femmes aux sessions. Les conditions matérielles des sessions se sont améliorées avec le versement d’une bourse compensant la perte de salaire nette [9]. Cependant, l’éducation subit l’évolution des situations : la complexification des questions - juridiques notamment, mais aussi économiques - rend insuffisante la durée de 12 voire 18 jours du congé syndical de formation. Dans le passé, le contrat de travail [10] pouvait s’étudier en une semaine, plus aujourd’hui.

Actuellement, dans le grand bruit qui se fait autour de la nécessaire ouverture de l’Université sur la société et l’entreprise, peut-être n’est il pas inutile de rappeler qu’en dépit de ses crises le syndicalisme demeure une composante majeure d’une société démocratique et que la mission de diffusion de la culture qu’assure l’Université le concerne aussi. L’idée d’une implication de l’Université dans la formation des militants s’esquissait en 1907 dans la fondation à Oxford du "Ruskin Collège". Souhaitons que l’Université Lumière, à l’aube d’un nouveau millénaire, ne l’éteigne pas.

LE RESEAU DES INSTITUTS

Tous les instituts ne disposent pas des mêmes dotations financières ou en personnels affectés[[Ainsi la région Rhône Alpes compte-t-elle 3 instituts ; mais en effectifs permanents, ensemble, ils correspondent à peine à Sceaux, ou Strasbourg ou Aix en Provence ; certains sont dits nationaux pour des raisons d’utilisation (recrutement par les fédérations syndicales) et historiques (Strasbourg) ou parisiennes (Sceaux), mais tous peuvent recruter nationalement et localement. Répondants à la même mission, organisés selon les mêmes principes, ils collaborent entre eux selon les nécessités et les opportunités.

THEMES DE FORMATION

 Droit : l’Institut traite de l’ensemble des questions juridiques relevant du droit du travail privé ou public. En matière de droit privé par exemple, le contrat de travail, les droits collectifs ; pour le droit public, le droit administratif ou celui des agents des collectivités publiques : Etat, région, département, communes...

 Economie : économie du travail, attributions économiques du Comité d’Entreprise, mutations technologiques, évolution du travail, économie et région...

 Des thèmes combinant droit et économie, avec les services publics, la modernisation de la fonction publique, le secteur public, la protection sociale, la réduction négociée du temps de travail à 35 h. ...

 Documentation : En support de son activité, l’Institut dispose d’ouvrages et de revues. Les usagers de ses formations peuvent les consulter sur rendez-vous.

Les ouvrages couvrent les domaines utiles à la préparation des sessions. Juridiques, économiques, historiques, sociologiques ... Parmi les revues, on trouvera les publications confédérales de la CGT (l’Hebdo-V.O., Options, Le Peuple, le R.C.E., R.P.D.S., Droit ouvrier), CFDT (Syndicalisme Hebdo, Actualité juridique, La Revue, Cadres C.F.D.T.), CGT-FO (F.O. Hebdo).

A. ROUDIL

Directeur adjoint IFS

Février 2000

Notes

[1] Ed. Dalloz 1982

[2] "« Le pain de l’esprit ». Témoignage d’un autodidacte"

[3] "Des ouvriers et du théâtre"

[4] "Egalité des chances"

[5] Il revient à l’Université LUMIERE - LYON 2, en 1993

[6] Autonomie juridique plus grande que celle de service commun, complétée par un décret spécifique aux instituts de juillet 1989

[7] CGT, CFDT, CGT - FO, Direction Régionale du Travail.

[8] Qui attribue une subvention à l’IFS de 60.000,00 f en 1992 (Ministère du Travail environ 335.000,00 F en 1992).En 2000, la subvention de l’Université, déjà ramenée à 50 000F, ne figure plus à son budget.

[9] Le 18 mars 1964, le Conseil de la Faculté de Droit attribuait 20 F par jour au titre des frais de séjour, et 200 F par semaine pour indemniser la perte de salaire (SMIG horaire : 1,9 F en zone O en 1964)

[10] Formation, exécution, suspension, rupture



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