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Institut de formation syndicale (IFS) Portails : www - étudiants - personnels Institut de formation syndicale (IFS)

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Présentation

 
La place de cet Institut dans la géographie de l’Université Lumière ne contribue guère à en populariser l’image, non plus qu’un sigle précis mais peu euphonique ! Il s’agit pourtant d’une composante de l’Université, au même titre que les autres Instituts et Facultés. Ses bureaux sont situés dans un des recoins du 4e étage, au 86 de la rue Pasteur et le nombre des personnes qui en franchissent le seuil est assez limité pour que le visiteur pressé croie qu’il ne s’y passe pas grand-chose. De fait, ce qui se passe ici n’est qu’une partie de l’activité de l’Institut. On y prépare seulement les sessions de formation. Celles-ci se déroulent ailleurs, dans des lieux parfois fort décentralisés et loués par l’Institut puisque celui-ci ne dispose pas (encore ?) de locaux pour ses enseignements.

Les stagiaires viennent pour développer leur capacité à assurer les responsabilités qu’ils doivent à leur engagement syndical. Ils appartiennent à l’une des trois grandes organisations représentatives des salariés que sont la CGT, la CGT-FO et la CFDT. Ces organisations sont en effet les partenaires de l’Université dans la gestion et le fonctionnement des activités de l’Institut, où elles travaillent côte à côte. Cela, qui ne s’appelle pas « formation continue », répond à un objectif de « promotion collective du monde du travail », puisque c’est à travers leurs représentants institutionnels que les salariés retireront, nous voulons le croire, les fruits de cette formation. A ces représentants, le droit du travail contemporain confie en effet des rôles divers et importants : négociation collective, expression des intérêts des salariés à l’occasion des décisions de gestion de l’entreprise, participation à l’exercice de la justice à travers les Conseils de Prud’hommes...

La formation des militants syndicaux ne date pas d’hier, mais elle a longtemps été le monopole des organisations elles-mêmes. Le légitime souci de leur identité idéologique les a amenées à créer des centres de formation internes, qui aujourd’hui encore interviennent en complémentarité avec les institutions universitaires. L’idée d’une implication de l’université dans cet objectif ne date pas non plus d’hier : on en trouve la trace dans la fondation à Oxford du « Ruskin College », en 1907... En France il fallut attendre 1955 pour qu’un universitaire, le Professeur Marcel David, réussisse le pari de faire inscrire un projet de formation de syndicalistes dans l’organigramme d’une Université, Strasbourg en l’occurrence. Le modèle fut reproduit, toujours à l’initiative d’enseignants, associés aux représentants des confédérations syndicales, dans huit autres universités, la région Rhône-Alpes comptant pour sa part trois institutions de ce type, à Lyon, Grenoble et Saint-Etienne. Ces efforts furent bientôt soutenus par les pouvoirs publics, les salariés obtenant le bénéfice d’un congé spécialement destiné à cette formation (dès 1956, soit quinze ans avant le congé de formation permanente), les Instituts recevant du Ministère du Travail agrément et subventions.

Depuis 1963, date de sa création, sous l’appellation devenue aujourd’hui un peu « rétro » de « Centre d’éducation ouvrière », l’Institut de Lyon a bien vu défiler quelques huit mille cinq cent syndicalistes, beaucoup fréquentant plusieurs stages d’une semaine dans une « carrière » militante. Si la plupart sont demeurés militants d’entreprise, quelques-uns ont occupé des fonctions de haut niveau dans leur confédération. Qu’ont-ils appris « chez nous » qu’ils n’auraient pas trouvé ailleurs ? Comme les étudiants, ils se sont colletés avec les apports des diverses sciences sociales, le droit et l’économie en priorité... et pourtant certains étaient plus familiers du tour ou de la fraiseuse que du stylo ! Mais cette administration de savoirs s’articule toujours sur une pratique et sur un projet.

Car l’originalité des Instituts du Travail (appellation générique) est de permettre aux militants d’une même organisation de confronter et d’intégrer les apports universitaires à la stratégie de celle-ci. C’est pourquoi chaque stage ne regroupe que les militants d’une seule organisation, c’est pourquoi le « corps enseignant » est composé non seulement d’universitaires, de notre Université ou venus d’ailleurs, mais aussi de personnes qualifiées du monde extra-universitaire et de responsables de haut niveau de l’organisation syndicale. Cette répartition permet à chacun de jouer son rôle sans confusion des genres, et aux militants de comprendre le monde sans renoncer à le changer.

Dans le grand bruit qui se fait aujourd’hui autour de la nécessaire ouverture de l’Université sur la société et l’entreprise, peut-être n’était-il pas inutile de rappeler qu’en dépit de ses crises le syndicalisme demeure une des composantes majeures d’une société démocratique et que la mission de diffusion de la culture qu’assure l’Université le concerne aussi.

Coordonnées

IFS
86 rue Pasteur
69007 LYON
Tel +(0) 33 4 78 69 71 73
Université Lumière Lyon 2